Houthis-Arabie saoudite : le brut à 106$ inquiète le Maroc
L'Égypte appelle à une solution politique entre l'Arabie saoudite et les Houthis, alors que l'escalade a porté le Brent à 106 dollars et pèse sur la facture des carburants au Maroc.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a affirmé jeudi que Le Caire étudiait toutes les options pour parvenir à une solution politique entre l'Arabie saoudite et le mouvement houthiste, réaffirmant la pleine solidarité de l'Égypte avec Ryad et appelant à un retrait total des Houthis des zones récemment conquises. Cette prise de position intervient alors que l'escalade militaire reprend entre la coalition menée par Ryad et les Houthis, soutenus par l'Iran, une crise qui a fait grimper les prix mondiaux du pétrole et pèse directement sur la facture énergétique du Maroc.
Origines de l'escalade entre Houthis et Arabie saoudite
Les combats ont repris entre la coalition arabe et les Houthis en juillet 2026, après l'effondrement de la trêve en vigueur au Yémen depuis 2022. En septembre, le mouvement a lancé une vaste offensive et pris le contrôle de zones du littoral de la mer Rouge auparavant tenues par le gouvernement yéménite reconnu internationalement, avant de déclarer un blocus naval contre l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, et de viser des navires, des territoires et des installations pétrolières saoudiennes. Selon la BBC, le mouvement Ansar Allah (Houthis) a affirmé jeudi avoir visé le ministère saoudien de la Défense à Ryad, une information non confirmée officiellement par les autorités saoudiennes à ce stade. Début octobre, le mouvement avait déjà revendiqué une attaque par missiles et drones contre une installation d'Aramco au sud de Ryad, une escalade entrée alors dans son quatrième mois.
Le pétrole grimpe sur les marchés mondiaux
Cette escalade s'est répercutée sur les marchés pétroliers mondiaux : le baril de Brent s'échangeait autour de 106 dollars à la mi-octobre, porté par les craintes de perturbation de l'approvisionnement liées aux tensions entre Houthis et Arabie saoudite, ainsi qu'aux perturbations du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz.
Que cela signifie-t-il pour le Maroc ?
Le Maroc importe l'essentiel de ses besoins énergétiques, ce qui rend le marché local des carburants directement lié aux fluctuations des prix mondiaux du pétrole. Le prix du gasoil a enregistré une série de hausses consécutives depuis la mi-juillet, avant de reculer de 20 centimes à partir du 16 octobre pour s'établir autour de 15,61 dirhams le litre, tandis que le prix de l'essence est resté quasi stable autour de 15,33 dirhams. Selon le Conseil de la concurrence, le mécanisme marocain de révision des prix des carburants tient compte du niveau des prix mondiaux du pétrole et des tensions géopolitiques, dont la crise du détroit d'Ormuz, ce qui signifie que la prochaine révision, attendue début novembre, restera tributaire de la trajectoire de l'escalade dans le Golfe et en mer Rouge.

