Sebta : démission du chef de cabinet de la délégation espagnole après une alerte du renseignement
Gonzalo Sanz, chef de Cabinet du délégué du gouvernement espagnol à Sebta, a démissionné après une polémique sur une alerte du CNI concernant la crise migratoire de juillet, que le délégué affirme ne jamais avoir reçue.
Gonzalo Sanz, chef de Cabinet du délégué du gouvernement espagnol dans la ville occupée de Sebta, a démissionné jeudi 10 septembre 2026, dans un nouveau rebondissement qui approfondit la polémique sur la gestion par les autorités espagnoles des alertes du renseignement qui avaient précédé l'entrée massive de migrants marocains dans la ville les 30 et 31 juillet derniers.
Sanz a justifié sa démission par une "incompatibilité évidente" entre son affirmation selon laquelle son équipe avait informé le délégué du gouvernement à Sebta, Miguel Ángel Pérez Triano, des informations transmises par le Centre national de renseignement (CNI) dès leur réception le 29 juillet, et les déclarations du délégué à plusieurs médias espagnols niant avoir reçu la moindre alerte de son propre chef de Cabinet à ce sujet.
Le contexte de l'affaire
Le CNI espagnol avait envoyé, le 29 juillet, un message via WhatsApp alertant sur des appels diffusés sur les réseaux sociaux à organiser une entrée massive par la clôture et par la mer le lendemain, émanant de deux groupes totalisant environ 180.000 abonnés. Sebta a effectivement connu, les 30 et 31 juillet, l'entrée irrégulière d'un nombre important de migrants marocains, l'une des plus grandes crises de franchissement connues par la ville occupée.
Pourquoi cette actualité compte
Sous la pression de la polémique politique et médiatique, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez s'était engagé, le 3 septembre, à la transparence, avant que le Conseil des ministres ne vote le 8 septembre la déclassification des documents relatifs à l'affaire. Les autorités espagnoles ont ainsi révélé 40 rapports et communications émanant de la police, de la Guardia Civil et des services de renseignement, couvrant la période du 1er au 31 juillet.
La démission de Sanz intervient deux jours seulement après la décision de la Commission européenne d'accorder à l'Espagne une aide d'urgence de 114,7 millions d'euros pour faire face aux retombées de la crise de Sebta, ce qui illustre la persistance des répercussions politiques et financières de la crise sur les relations entre Rabat et Madrid, alors que la responsabilité politique dans la gestion du dossier reste disputée au sein même de l'administration espagnole.

