Le Maroc lance le Plan santé mentale 2030 à 4 milliards de DH
Le ministère de la Santé et de la Protection sociale a lancé le Plan santé mentale 2030, doté d'un budget proche de 4 milliards de dirhams, pour répondre aux besoins de 6,5 millions de Marocains souffrant de troubles psychiques.
Le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tahraoui, a lancé le jeudi 3 septembre 2026 à Rabat le « Plan santé mentale 2030 », doté d'un budget proche de 4 milliards de dirhams. Ce plan répond aux besoins de près de 6,5 millions de Marocains souffrant de troubles de santé mentale, dont environ 2 millions d'enfants et de jeunes, alors que près de 85% d'entre eux restent aujourd'hui sans accès à une prise en charge adéquate.
Une réalité qui appelle à l'action
Les chiffres présentés par le ministère révèlent l'ampleur de l'écart entre les besoins et l'offre de soins actuellement disponible en matière de santé mentale au Maroc, notamment pour les catégories vulnérables, les enfants et les jeunes, placés parmi les priorités du plan, aux côtés du renforcement des structures de soins primaires et de leur coordination avec les hôpitaux.
Les chiffres complets du plan à l'horizon 2030
Le plan repose sur des objectifs quantitatifs clairs en matière d'infrastructures et de ressources humaines, selon le tableau suivant :
| Indicateur | Situation actuelle | Objectif à l'horizon 2030 |
|---|---|---|
| Lits hospitaliers dédiés à la santé mentale | 2 466 | 4 728 |
| Hôpitaux psychiatriques | 10 | 17 |
| Structures intermédiaires de soins | 4 | 24 |
| Psychologues dans le secteur public | 32 | 786 |
| Psychiatres formés chaque année | 36 | 124 |
| Infirmiers spécialisés formés chaque année | 490 | 750 |
Pourquoi cette décision compte
Le plan s'articule autour de trois axes stratégiques et quatre conditions-cadres, avec une feuille de route comptant 86 mesures et actions. Il a été élaboré selon une approche participative associant 13 départements gouvernementaux et différents acteurs concernés, avec l'appui de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Il mise notamment sur une hausse du nombre de psychologues dans le secteur public de 32 à 786 sur la même période, ce qui traduit une volonté de s'attaquer à l'un des principaux goulots d'étranglement du système de santé mentale marocain : la pénurie sévère en ressources humaines spécialisées. Il prévoit également d'étendre les structures intermédiaires, qui permettent un suivi des patients hors de l'hôpital, de 4 à 24 structures, afin d'alléger la pression sur les hôpitaux et de rapprocher le service des patients sur une plus large partie du territoire national.

