Oued El Makhazine: le barrage à 64% face aux inondations
Les craintes d'inondations resurgissent dans le Nord du Maroc alors que le barrage Oued El Makhazine, rempli à 64%, conserve une marge de sécurité suffisante sans lâcher d'eau préventif.
Les craintes d'inondations resurgissent dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, dans le nord du Maroc, alors que des précipitations importantes, estimées à plusieurs dizaines de millimètres, sont attendues dans les prochains jours. Des mesures préventives ont été engagées pour faire face à d'éventuels risques, rapporte Hespress, citant des sources informées. Des directives ont été adressées aux autorités locales et aux conseils élus afin d'anticiper la situation dès les premières précipitations de la saison.
Ces mêmes sources démentent par ailleurs des informations faisant état d'un lâcher important d'eau des barrages Oued El Makhazine et Dar Khrofa en prévision de la saison des pluies. Le barrage Oued El Makhazine enregistre un lâcher quotidien normal d'environ 400 000 mètres cubes, utilisé pour la production d'électricité au niveau de l'ouvrage situé près de la ville de Ksar El Kébir, ainsi que pour répondre aux besoins du périmètre irrigué couvrant des milliers d'hectares dans le bassin du Loukkos.
Le taux de remplissage du barrage Oued El Makhazine s'élève actuellement à 64%, contre 71% à la même période l'an dernier, une situation que les sources jugent «ne suscitant aucune inquiétude» et qui laisse à la gestion du barrage une marge de manœuvre confortable, rendant un lâcher préventif d'eau «impossible dans le contexte actuel et selon les prévisions météorologiques des prochains jours».
Ces craintes font suite aux inondations sans précédent qui avaient frappé la province de Larache, et plus particulièrement la ville de Ksar El Kébir, nécessitant l'évacuation complète de la population vers des villes et zones voisines face à des scénarios catastrophiques, lors d'une crise qui avait pesé sur la région et le pays durant de longues semaines.
Ces démarches s'inscrivent dans le cadre d'une stratégie nationale plus large de sécurité hydrique et de prévention des inondations, dévoilée par le ministre de l'Équipement et de l'Eau, Nizar Baraka, devant le Parlement. Elle repose sur cinq axes, dont l'élaboration d'un atlas national des zones menacées par les inondations et le renforcement des systèmes de surveillance et d'alerte précoce, en plus de 27 projets de protection contre les inondations achevés et 21 autres en cours dans plusieurs régions, selon Le360. Ce plan intervient alors que le Maroc traverse sept années consécutives de sécheresse, ce qui explique le souci des autorités de concilier mobilisation des ressources en eau et prévention des risques d'inondation.
Les autorités avaient par ailleurs récemment émis des alertes concernant des tempêtes et un épisode de froid dans plusieurs provinces du Royaume, un indicateur supplémentaire de l'entrée du pays dans la saison des précipitations.

