Détroit d'Ormuz : 4 pétroliers en feu, options de Trump
Des pétroliers ont pris feu dans le détroit d'Ormuz après avoir heurté des mines, dans une escalade entre Washington et Téhéran qui fait grimper les prix du pétrole et concerne le Maroc, importateur net d'énergie.
Plusieurs pétroliers ont pris feu dans le détroit d'Ormuz après avoir heurté des mines marines, a annoncé l'armée iranienne jeudi, dans une nouvelle escalade de la guerre qui oppose les États-Unis et l'Iran depuis le 28 février dernier. Cet épisode survient alors qu'une délégation diplomatique qatarie est revenue à Téhéran vendredi pour une nouvelle tentative de médiation, et que des médias américains évoquent de nouvelles options militaires soumises au président Donald Trump.
L'incendie des pétroliers dans le détroit
Les Gardiens de la révolution iraniens ont indiqué que trois pétroliers avaient subi des explosions et des incendies en 24 heures en empruntant la route sud du détroit, jugée non autorisée par Téhéran, précisant qu'ils avaient coupé leurs systèmes radar et de navigation et ignoré les avertissements de ses forces navales. L'armée iranienne a ensuite annoncé l'embrasement d'un quatrième pétrolier à l'est du détroit après qu'il eut heurté des mines dans une zone qu'elle a qualifiée d'interdite. De son côté, l'organisme britannique UK Maritime Trade Operations (UKMTO) a fait état de trois autres incidents dans la région, sans qu'il soit établi s'ils sont liés aux quatre pétroliers, dont un navire qui a pris feu près de la ville omanaise de Khasab et un voilier qui a sombré après un incendie.
Des négociations dans l'impasse entre Washington et Téhéran
La délégation qatarie est revenue à Téhéran vendredi avec un projet de proposition pour mettre fin à la guerre, mais un haut responsable iranien l'a rejeté, le qualifiant d'« inacceptable », Téhéran exigeant la fin du blocus naval américain et la levée des sanctions sur ses exportations pétrolières avant toute avancée, alors que Washington veut inclure le dossier nucléaire iranien dans les discussions dès le départ. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé que son pays avait communiqué ses sept conditions aux médiateurs « à plusieurs reprises et clairement », estimant que « la politique de la carotte et du bâton ne fonctionnera pas avec l'Iran ». Parallèlement, Téhéran a confirmé avoir reçu, sans y répondre, une lettre du vice-président américain J.D. Vance adressée au secrétaire de son Conseil suprême de sécurité nationale, Mohsen Rezaei, tandis que Trump a affirmé que cette lettre visait à aider l'Iran à obtenir des fournitures médicales et non à relancer les négociations de paix.
Options militaires américaines et renforts en Israël
Des médias américains ont rapporté, citant des responsables, que le commandant du Commandement central américain (CENTCOM) a présenté jeudi à Trump de nouvelles options militaires concernant l'Iran. Au même moment, des médias israéliens ont fait état de l'arrivée de dix avions de transport militaires américains dans un aéroport du sud d'Israël en 24 heures, probablement chargés de batteries de défense antiaérienne.
Que cela signifie-t-il pour le Maroc et les Marocains ?
Les prix mondiaux du pétrole ont de nouveau augmenté vendredi après les informations sur l'incendie des pétroliers à Ormuz, détroit par lequel transite environ un cinquième de l'offre mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Le Commandement central américain affirme avoir aidé les pays du Golfe à exporter 1,5 milliard de barils de pétrole via le détroit depuis l'été, dans un contexte de blocus naval américain sur les ports iraniens. Le Maroc, qui importe la quasi-totalité de ses besoins en pétrole brut et en carburants, n'a pour l'instant formulé aucun commentaire officiel, mais son économie reste exposée à toute hausse des prix mondiaux du pétrole chaque fois que les tensions reprennent dans ce couloir stratégique.

