Khamenei menace d'une riposte sans limite géographique
Le guide suprême iranien Ali Khamenei a ordonné une riposte immédiate et sans limite géographique à toute nouvelle attaque, sur fond d'escalade dans le détroit d'Ormuz et de médiation qatarie dans l'impasse avant les élections américaines de mi-mandat.
Le guide suprême iranien Ali Khamenei a averti samedi que « les forces armées de la République islamique et le peuple iranien » seuls décideraient du moment et des conditions de la riposte à toute nouvelle attaque militaire ou terroriste visant son pays. Lors d'une réunion avec de hauts commandants militaires, il a ordonné que toute menace, quel que soit son niveau ou sa nature, soit accueillie par une réponse immédiate et efficace « sans limite géographique », sur fond de tensions croissantes dans le détroit d'Ormuz.
Escalade militaire et mises en garde croisées
La confrontation actuelle se concentre sur le détroit d'Ormuz, voie vitale pour les exportations énergétiques du Golfe que Téhéran restreint depuis le début de la guerre, tandis que les États-Unis ont imposé un blocus aux ports iraniens pour accentuer la pression économique. La menace de Khamenei intervient quelques jours après l'incendie de quatre pétroliers dans le détroit et l'examen par le président américain Donald Trump d'options militaires.
Le porte-parole de l'armée iranienne, Mohammad Akrami Nia, a averti sur X que toute nouvelle « aventure » américaine sous la pression des « sionistes » élargirait géographiquement la guerre, sans donner plus de détails, tandis que le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi a affirmé que les forces armées affronteraient quiconque tenterait de nuire au peuple iranien.
Une médiation diplomatique dans l'impasse
En pleine escalade, une délégation qatarie est arrivée vendredi à Téhéran pour des discussions avec de hauts responsables iraniens, dans le cadre d'une médiation menée par Doha et Islamabad qui n'a pas encore abouti à un accord durable. Le Wall Street Journal a révélé que le vice-président américain JD Vance avait envoyé, sur instruction de Donald Trump, une lettre à Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, pour relancer les négociations et éviter de nouvelles frappes américaines. Téhéran a confirmé avoir reçu la lettre sans annoncer sa réponse.
Les élections américaines pèsent sur l'équation
Cette escalade survient à quelques jours des élections de mi-mandat américaines, prévues mardi, dans un contexte de lassitude des électeurs qui tiennent la guerre pour responsable de la forte hausse des prix de l'énergie.
Qu'est-ce que cela signifie pour le Maroc ?
Les retombées de cette crise n'ont pas épargné le marché marocain : en juin dernier, à la faveur d'un accord américano-iranien ayant atténué les tensions dans le détroit, deux grandes compagnies pétrolières marocaines avaient réduit le prix du gazole de 0,40 dirham et celui de l'essence de 0,60 dirham, tandis que le ministère marocain des Affaires étrangères avait salué cet accord comme un renfort du cessez-le-feu et de la liberté de navigation dans le détroit, selon Hespress. Une nouvelle escalade, comme celle annoncée aujourd'hui par Khamenei, risque de rouvrir la porte à de nouvelles fluctuations des prix des carburants dans les stations marocaines.

