L'extrême droite espagnole Vox réclame la suspension du traité d'amitié avec le Maroc
Le comité exécutif national de Vox a exigé, le 31 août 2026, la suspension du traité d'amitié maroco-espagnol de 1991 et le rappel des ambassadeurs, sur fond de crise migratoire à Sebta.
Le comité exécutif national du parti espagnol d'extrême droite Vox a réclamé, lors d'une réunion tenue lundi 31 août 2026, la suspension du traité d'amitié, de bon voisinage et de coopération signé entre l'Espagne et le Maroc en 1991, ainsi que la convocation de l'ambassadeur marocain à Madrid et le rappel de l'ambassadeur espagnol à Rabat. Cette escalade intervient dans le contexte de la crise migratoire vécue par la ville de Sebta, après que plus de 70 000 personnes ont rejoint ses côtes à la nage le 30 juillet 2026.
Le chef de Vox accuse le chef du gouvernement espagnol de "trahison"
Le président du parti, Santiago Abascal, a lié cette crise à ce qu'il a qualifié de "trahison" du chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez, l'accusant d'agir comme une "marionnette" entre les mains de Rabat et d'avoir fermé les yeux sur la crise malgré une connaissance préalable de la situation, dans des déclarations faites à l'occasion de la rentrée politique de son parti. En réponse, Sánchez a démenti, dans une interview à la radio Cadena Ser, faire porter au Maroc la responsabilité de la crise.
Des demandes parallèles pour suspendre l'accord préférentiel avec l'UE
L'initiative de Vox ne se limite pas à la suspension du traité de 1991 : le parti cherche également à obtenir le soutien du Parti populaire (PP) pour suspendre l'accord préférentiel entre le Maroc et l'Union européenne. Le parti avait déjà déposé, le 13 août 2026, deux initiatives devant le Parlement espagnol : la première exigeant que le Maroc "assume les coûts" du déploiement militaire et des mesures sécuritaires et sanitaires liées à la crise, la seconde demandant à la ministre de la Santé de comparaître devant le Parlement au sujet de ce que le parti qualifie de "risque sanitaire" lié à l'arrivée des migrants.
Pourquoi ce dossier compte
Cette initiative intervient à un moment sensible pour les relations entre Rabat et Madrid, qui ont connu un regain de tensions cet été malgré le rapprochement diplomatique amorcé depuis 2022. Bien que l'initiative de Vox, parti d'opposition sans majorité au Parlement espagnol, ait besoin du soutien d'autres formations pour se traduire en décision officielle contraignante pour le gouvernement, elle reflète une pression politique croissante de l'extrême droite sur le gouvernement Sánchez concernant le dossier migratoire et les relations avec le Maroc, dans un contexte de tensions déjà illustrées par le refus officiel de l'Espagne des revendications marocaines sur Sebta et Melilla, à l'approche des élections législatives marocaines prévues le 23 septembre 2026.

