Maroc : la CDT boycotte la rentrée universitaire et annonce deux grèves en septembre
Le syndicat national des employés de l'enseignement supérieur, affilié à la CDT, annonce le boycott de la rentrée universitaire du 1er au 14 septembre et deux grèves nationales de 72 heures, pour protester contre le gel du dialogue avec le ministère.
Le Syndicat national des employés de l'enseignement supérieur et des cités universitaires, affilié à la Confédération démocratique du travail (CDT), a annoncé le boycott de la rentrée universitaire dans l'ensemble des établissements d'enseignement supérieur et de l'administration centrale du secteur, du 1er au 14 septembre 2026, ainsi que l'organisation de deux grèves nationales de 72 heures chacune, pour protester contre le gel persistant du dialogue sectoriel et le retard du ministère de l'Enseignement supérieur à répondre aux revendications des employés.
Le calendrier de l'escalade
Selon un communiqué du bureau national du syndicat publié après sa réunion du 26 août 2026, le boycott concernera les opérations d'inscription et de rentrée dans les établissements, les cités universitaires et les sièges de l'administration centrale, du 1er au 14 septembre. La première grève nationale est prévue les 8, 9 et 10 septembre, avec un sit-in devant le siège du ministère de l'Enseignement supérieur à Rabat le 9 septembre à 11 heures, tandis que la seconde grève nationale se tiendra les 15, 16 et 17 du même mois.
Les revendications du syndicat
Selon le même communiqué, les revendications du syndicat portent sur :
- L'accélération de l'adoption d'un statut particulier pour les employés de l'enseignement supérieur
- Des augmentations salariales immédiates, avec effet rétroactif à partir du 1er janvier 2026
- L'exonération des employés inscrits comme étudiants des frais d'inscription universitaire
- La suppression des frais d'inscription au régime du "temps aménagé"
- La reprise des négociations sectorielles avec le ministère
Contexte du différend
Le syndicat accuse le ministère de tutelle d'avoir reporté le dialogue sectoriel depuis mai 2026 et de ne pas avoir honoré des engagements antérieurs, en plus d'avoir tenu des réunions avec d'autres syndicats tout en ignorant cette organisation, qu'il considère pourtant comme la plus représentative du secteur. À l'heure de la publication de cet article, le ministère de l'Enseignement supérieur n'avait émis aucune réponse publique à ces accusations ni au calendrier d'escalade annoncé.
Pourquoi cela compte
Ce boycott intervient à un moment sensible, coïncidant avec le lancement de l'année universitaire 2026-2027 et avec la période de dépôt des candidatures aux élections législatives prévues le 23 septembre 2026. Si l'escalade se poursuit, elle pourrait perturber les opérations d'inscription et de rentrée pour des milliers d'étudiants, et replacer le dossier du dialogue social dans l'enseignement supérieur au centre de l'agenda du prochain gouvernement issu des élections.

