Programme économique du PAM 2026 : le plan à 350 milliards de Lekjaâ
Fouzi Lekjaâ a présenté à Agadir puis devant la CGEM le programme économique et social du PAM pour les législatives du 23 septembre, doté d'une enveloppe de 350 milliards de dirhams sur cinq ans.
Fouzi Lekjaâ, ministre délégué chargé du Budget et cadre du Parti authenticité et modernité (PAM), a dévoilé ce week-end le programme économique et social de son parti en vue des élections législatives du 23 septembre 2026. Doté d'une enveloppe de 350 milliards de dirhams sur cinq ans (2026-2031), soit une moyenne annuelle de 70 milliards de dirhams, ce programme a été présenté en deux temps : d'abord à Agadir le 12 septembre, en présence d'Abdellatif Ouahbi et Younes Sekkouri ainsi que des candidats du parti dans la région de Souss-Massa, puis devant la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) le 13 septembre.
Des objectifs économiques ambitieux
Le programme du PAM mise sur un taux de croissance de 5%, avec une élasticité de l'emploi estimée à 0,53, soit environ 53 000 emplois créés par point de croissance supplémentaire. Il prévoit également de porter la part des énergies renouvelables dans la capacité électrique installée de 46% actuellement à 52%.
Répartition de l'enveloppe de 350 milliards de dirhams
| Axe | Enveloppe |
|---|---|
| Pouvoir d'achat | 150 milliards de DH |
| Éducation et santé | 100 milliards de DH |
| Jeunesse, formation et logement | 50 milliards de DH |
| Souveraineté économique et infrastructures | 50 milliards de DH |
Des mesures sociales concrètes
Le programme propose de fixer la pension de retraite minimale à 3 000 dirhams par mois, avec le maintien de l'intégralité de la pension pour les veuves après le décès de leur époux, ainsi qu'une hausse des revenus des salariés actifs comprise entre 1 500 et 4 000 dirhams par mois selon la situation et le niveau de revenu. Le parti promet également une baisse de l'impôt sur le revenu salarial et une révision des marges de prix des produits de base entre producteurs et consommateurs.
Climat des affaires et réaction du patronat
Côté entreprises, le programme prévoit de simplifier les procédures d'investissement, qui prennent actuellement environ 18 mois, en remplaçant le régime d'autorisation préalable par un système de cahiers des charges et de conformité, ainsi qu'un financement dédié aux PME combinant crédit, accompagnement technique et gouvernance, et l'extension à 30% de la part des PME dans les marchés publics. Le président de la CGEM, Mehdi Tazi, a salué le programme, estimant que 90% des priorités du secteur privé y sont alignées, tout en proposant de mobiliser entre 3 et 4 milliards de dirhams issus des pénalités de retard de paiement pour garantir le financement des petites entreprises, et en appelant à une baisse de l'impôt sur les sociétés, actuellement fixé à 35% pour les grandes entreprises. Fouzi Lekjaâ a assuré que le financement du programme reposerait sur les recettes de la croissance attendue (environ 300 milliards de dirhams sur cinq ans), l'élargissement de l'assiette fiscale et la lutte contre l'informel, sans recourir à une hausse des impôts pour les citoyens.

