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Maroc: le gasoil dépasse 17 DH, appel à un arrêt le 8/11

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Maroc: le gasoil dépasse 17 DH, appel à un arrêt le 8/11
Photo d'illustration — « Moroccan Parliament Building » par Fernando Pascullo, via Wikimedia Commons, sous licence CC BY-SA 4.0
0WaFinkommercredi 4 novembre 2026Économie

Un comité citoyen appelle à un arrêt volontaire le 8 novembre après que le gasoil a dépassé 17 dirhams, alors que des députés réclament la relance de la raffinerie Samir et un plafonnement des marges des pétroliers.

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Le prix du gasoil a dépassé 17 dirhams le litre dans plusieurs stations-service au Maroc, poussant le « Comité d'initiative citoyenne pour le plafonnement des prix des hydrocarbures » à appeler à un arrêt volontaire le dimanche 8 novembre, de midi à 18h, selon Alyaoum24.

Cette mobilisation, sous le slogan « Pour la dignité et la protection du pouvoir d'achat de tous les Marocains », vise à associer citoyens et professionnels du transport, chauffeurs de taxi et de camions compris. Le comité la présente comme « un moyen de protestation pacifique et responsable », destiné à obtenir des mesures plus équitables pour protéger le pouvoir d'achat, sans porter atteinte aux intérêts essentiels des citoyens.

Les revendications du comité

Le comité réclame la relance de la raffinerie Samir à Mohammedia, l'ouverture de l'investissement dans des sociétés régionales de raffinage selon des règles juridiques claires, un encadrement légal plus strict des prix des hydrocarbures, ainsi qu'un contrôle plus rigoureux des pratiques monopolistiques et d'éventuelles ententes entre sociétés.

Selon une comparaison publiée par le comité, le coût du carburant représente 21% du salaire moyen au Maroc, contre 8,4% en Tunisie, 7,1% au Brésil, 3,8% en Espagne et seulement 1,6% au Japon.

Polémique au Parlement sur les marges des pétroliers

Cet appel coïncide avec l'examen, mercredi, du budget 2027 du ministère de la Transition énergétique par la commission des infrastructures et de l'énergie à la Chambre des représentants, selon Al3omk. Idriss El Azmi El Idrissi, chef du groupe du PJD, a plaidé pour une étude sérieuse de la relance de Samir, jugeant qu'elle renforcerait la concurrence sur le marché des hydrocarbures et la sécurité énergétique nationale ; son groupe a adressé un courrier au président de la Chambre pour demander une réunion conjointe des commissions des finances et de l'énergie sur les aspects juridiques, techniques et financiers de la raffinerie.

El Azmi a aussi appelé à plafonner les marges bénéficiaires des pétroliers, rappelant le relèvement de 35% à 40% de l'impôt sur les sociétés réalisant plus de 100 millions de dirhams de bénéfices. De son côté, Ahmed Abbadi, chef du groupe du PPS, a critiqué la rapidité avec laquelle les hausses des prix mondiaux se répercutent sur le marché local, contre la lenteur des baisses, appelant à un contrôle plus strict et citant des remarques du Conseil de la concurrence sur d'éventuelles ententes illégales entre pétroliers. Tout en saluant la hausse de l'impôt, il a averti que le consommateur pourrait in fine en supporter le coût, proposant de négocier les marges, de réduire temporairement certaines taxes, ou d'accorder un soutien direct aux catégories vulnérables et moyennes.

La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Chorfat Afilal, a dû répondre à des demandes de députés exigeant des clarifications sur le statut de Samir et le coût de sa relance, ou l'étude d'une alternative comme une nouvelle raffinerie à Nador ou ailleurs.

Stocks d'hydrocarbures du Maroc (en jours de couverture)
ProduitJours de couverture
Essence super94 jours
Fuel-oil87 jours
Gasoil77 jours
Kérosène61 jours
Butane58 jours

Le député Mohamed El Kaidi, du groupe RNI, a fait état d'une hausse de 126% de la capacité de stockage nationale, dépassant désormais 3 millions de mètres cubes, tout en critiquant l'allocation de seulement 740 millions de dirhams aux secteurs de l'énergie et du développement durable dans le budget, alors que la dépendance énergétique du Maroc dépasse 80%.

Le contexte de la crise

Ces développements interviennent quelques jours après que le ministre de l'Économie et des Finances, Fouzi Lekjaa, a écarté un retour des subventions aux hydrocarbures, en raison d'un coût estimé entre 50 et 70 milliards de dirhams, et après la mise en place, par la cheffe du gouvernement Fatima Ezzahra El Mansouri, d'une commission de suivi des prix et de protection du pouvoir d'achat.

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