Maroc: écart salarial, femmes payées 1 000-3 266 DH
Un rapport officiel annexé au PLF 2027 révèle que 52,2% des salariées déclarées à la CNSS gagnent entre 1 000 et 3 266 dirhams par mois, contre 34,2% des hommes.
Un rapport officiel annexé au projet de loi de finances 2027 révèle que 52,2% des salariées déclarées à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) perçoivent un salaire mensuel compris entre 1 000 et 3 266 dirhams, contre seulement 34,2% des hommes dans la même tranche salariale — un nouvel indicateur de l'écart entre les sexes sur le marché du travail formel au Maroc.
Un écart déjà documenté par les chiffres de la CNSS
Le chiffre figure dans les documents du « budget axé sur les résultats » annexés au projet de loi de finances. Il confirme une tendance déjà repérée dans les données de la CNSS ces dernières années. Selon les chiffres de 2024, 51,6% des salariées touchaient un salaire ne dépassant pas le SMIG, contre seulement 44,2% des hommes. Le rapport annuel de la Caisse pour 2025 indiquait de son côté un salaire mensuel médian de 3 363 dirhams pour l'ensemble des salariés déclarés, dont 57% gagnaient moins de 4 000 dirhams par mois.
Ces taux ne concernent que les salariées et salariés déclarés à la CNSS, c'est-à-dire le secteur formel ; la situation des femmes dans le secteur informel, pourtant le plus répandu parmi elles, reste en dehors de ce comptage.
Ce que ce chiffre signifie pour les salariées marocaines
Cette révélation intervient alors que le Parlement examine le projet de loi de finances 2027, qui exonère 87% des salariés de l'impôt sur le revenu. La concentration de près de la moitié des salariées dans une tranche salariale basse fait de l'écart de revenu entre les sexes un enjeu directement lié au pouvoir d'achat quotidien des ménages, bien au-delà d'un simple chiffre statistique. Le rapport rappelle aussi que le dossier de la protection sociale reste d'actualité aux côtés d'autres chantiers liés à la Caisse, comme la pension minimale dont a bénéficié un demi-million de retraités. Aucune mesure précise pour réduire cet écart n'a encore été annoncée, mais son inscription dans les documents budgétaires en fait une référence officielle appelée à nourrir le débat parlementaire sur la loi de finances.

