Bank Al-Maghrib : dettes des ménages à 44,7 MMDH
Les créances en souffrance des ménages marocains atteignent 44,7 milliards de DH fin août 2026, en hausse de 6,7% sur un an, selon Bank Al-Maghrib, dans un contexte de pression sur le pouvoir d'achat.
Bank Al-Maghrib a révélé une hausse des créances en souffrance des ménages à 44,7 milliards de dirhams (4470 milliards de centimes) à fin août 2026, nouvel indicateur des difficultés croissantes des ménages marocains à rembourser leurs crédits bancaires. Cette hausse, de 6,7% sur un an, survient alors que les Marocains font face à une pression accrue sur leur budget en raison du renchérissement du coût de la vie.
Selon le bulletin mensuel de Bank Al-Maghrib sur les évolutions économiques, monétaires et financières, l'encours des créances en souffrance des ménages a progressé d'environ 2,8 milliards de dirhams en une année, avec une hausse mensuelle de 1,9% au seul mois d'août, portant le taux de défaut des ménages à environ 11% de l'ensemble de leurs financements, contre 10,7% un an plus tôt.
Détail des crédits aux ménages
L'encours total des crédits aux ménages marocains a atteint 404,4 milliards de dirhams à fin août, en hausse de 3,4% sur un an, réparti entre les crédits à la consommation, qui ont progressé à 63,5 milliards de dirhams, et les crédits à l'habitat, qui ont atteint 259,1 milliards de dirhams, le total des crédits immobiliers s'élevant à 261,4 milliards de dirhams.
| Type de crédit | Montant total | Croissance annuelle |
|---|---|---|
| Total crédits aux ménages | 404,4 milliards DH | +3,4% |
| Crédits à la consommation | 63,5 milliards DH | +5,1% |
| Crédits à l'habitat | 259,1 milliards DH | +2,3% |
| Total crédits immobiliers | 261,4 milliards DH | +2,2% |
La part des ménages dans l'ensemble des créances en souffrance
Les ménages représentent environ 42% du total des créances bancaires en souffrance, alors qu'ils ne détiennent qu'environ un tiers de l'encours sain. Le total des créances douteuses à l'échelle du secteur bancaire s'est établi à 106,5 milliards de dirhams, en hausse de 3,7% sur un an. Le taux de défaut des ménages (11%) reste supérieur à la moyenne du secteur bancaire (8,2%), mais inférieur à celui des entreprises privées non financières, qui a atteint 12,3%, ces dernières affichant toutefois une progression plus lente, ne dépassant pas 2% sur un an.
| Secteur | Taux de défaut |
|---|---|
| Ménages | 11% |
| Ensemble du secteur bancaire | 8,2% |
| Entreprises privées non financières | 12,3% |
Pourquoi la pression sur le budget des ménages
La montée du défaut sur les crédits à la consommation et immobiliers est liée à l'érosion du pouvoir d'achat des ménages marocains, dans un contexte de hausse de 24% sur un an des prix des carburants en août, et d'une progression de 2,1% des prix alimentaires volatils. En contrepartie, le taux d'intérêt moyen des crédits aux particuliers s'est établi à 5,59% au deuxième trimestre 2026, en léger repli de 15 points de base, tandis que le taux des crédits à l'habitat est resté stable à 4,53%, et celui des crédits à la consommation à 6,81%.
Pourquoi ce chiffre compte
Cette évolution intervient dans un contexte économique marqué par un décalage entre les indicateurs macroéconomiques et le niveau de vie quotidien des ménages. Le ministère de l'Économie et des Finances avait récemment annoncé une croissance de 4,9%, accompagnée d'un taux de chômage toujours élevé, proche de 13,5%, ce qui montre que l'amélioration des indicateurs macroéconomiques ne se traduit pas nécessairement par un gain direct de pouvoir d'achat pour les Marocains, et maintient le financement des ménages et la lutte contre la vie chère au cœur des préoccupations économiques du nouveau gouvernement.

