jeudi 29 octobre 2026
Logo WaFinkom

IR au Maroc: Lekjaa exonère 87% des salariés en 2027

Partager
IR au Maroc: Lekjaa exonère 87% des salariés en 2027
Photo d'illustration — « Fouzi Lekjaa speaking at a conference in 2024 » par Amsttu, via Wikimedia Commons, sous licence CC BY-SA 4.0
0WaFinkomjeudi 29 octobre 2026Économie

Le ministre Fouzi Lekjaa détaille la réforme fiscale et sociale de la Loi de finances 2027: exonération de 87% des salariés de l'impôt sur le revenu, et hausse progressive de l'aide sociale directe jusqu'à 1 000 DH.

Taille du texte:

Le ministre de l'Économie, des Finances et de la Réforme de l'administration, Fouzi Lekjaa, a détaillé la réforme fiscale et sociale prévue par le projet de Loi de finances 2027, confirmant que le seuil d'exonération de l'impôt sur le revenu (IR) passera de 40 000 à 60 000 dirhams par an, soit 5 000 dirhams par mois, ce qui portera à 87% la part des salariés exonérés de cet impôt.

Un barème à trois tranches, et pourquoi 30% plutôt que 20%

Selon Lekjaa, le nouveau barème s'oriente vers trois taux seulement, 10%, 20% et 30%, en plus de la tranche totalement exonérée. Le choix du taux maximal de 30%, plutôt que les 20% proposés par le programme électoral du Parti authenticité et modernité (PAM), vise à éviter des distorsions par rapport à l'impôt sur les sociétés: le ministre a évalué à environ 28% la charge fiscale globale pesant sur les bénéfices des entreprises, en intégrant l'IS à 20% et la fiscalité sur la distribution des dividendes. Il a aussi précisé que fixer le seuil d'exonération à 60 000 dirhams de revenu imposable ne signifie pas pour autant un salaire net mensuel de 10 000 dirhams, les retenues et la situation personnelle de chaque salarié influant sur le résultat final.

L'aide sociale directe grimpe progressivement vers 1 000 DH en fin de mandat

Sur le volet social, le montant minimal de l'aide sociale directe passera de 500 à 600 dirhams dès janvier 2027, avant d'augmenter de 100 dirhams chaque année jusqu'à atteindre 1 000 dirhams en fin de mandat gouvernemental. Plus de 4 millions de foyers, soit plus de 12 millions de personnes, en bénéficient, pour un coût supplémentaire proche de 3 milliards de dirhams par an. Lekjaa a indiqué que le critère d'éligibilité reposera davantage sur le revenu du foyer que sur des indicateurs de consommation, qui excluaient parfois des familles pourtant éligibles, et que l'embauche d'un membre du foyer n'entraînera plus automatiquement la perte de cette aide, tant que le revenu familial global reste sous le seuil de sortie de précarité.

Un soutien à l'électricité et une réforme des marchés de gros pour maîtriser les prix alimentaires

Environ 6 millions d'abonnés à l'électricité, soit 60% des clients dont la facture mensuelle est inférieure à 100 dirhams, bénéficieront d'un soutien de 100 dirhams, destiné à alléger leur facture et encourager une consommation raisonnée, les modalités précises devant être fixées par des textes d'application tenant compte des écarts régionaux en matière de besoins de chauffage et de climatisation. Côté produits alimentaires, le Maroc prévoit de créer six sociétés régionales de collecte et de commercialisation des produits agricoles reliant les zones de production aux marchés de consommation, ainsi que la modernisation de 12 marchés de gros pour une enveloppe proche d'un milliard de dirhams incluant des unités de stockage et de réfrigération, en plus de mesures sur la distribution des viandes et du poisson, la diversification des sources d'approvisionnement et des facilités douanières en cas de besoin. Lekjaa a par ailleurs exprimé ses réserves sur les mécanismes de soutien généralisé des prix, estimant que leurs bénéfices ne profitent pas principalement aux ménages les plus modestes.

Ces mesures s'inscrivent dans la première Loi de finances du gouvernement de Fatima Zahra El Mansouri, actuellement examinée par la commission des Finances de la Chambre des représentants, et complètent d'autres annonces déjà faites, notamment la hausse de la pension minimale à 1 700 dirhams pour environ 500 000 retraités, et celle de l'impôt des grandes entreprises du secteur des hydrocarbures à 40%. Cette réforme des marchés de gros intervient alors que les prix des légumes ont nettement augmenté à Casablanca, notamment la tomate, la semaine dernière, illustrant l'ampleur du défi auquel le gouvernement fait face pour préserver le pouvoir d'achat des Marocains.

Sources

Partager
Suivez le taux de change des devises aujourd'hui

0commentaires

Les avis dans les commentaires appartiennent a leurs auteurs.

Chargement...

Laisser un commentaire

Articles similaires