mardi 27 octobre 2026
Logo WaFinkom

Prix alimentaires au Maroc : 100 souks modernisés d'ici 2030

Partager
Prix alimentaires au Maroc : 100 souks modernisés d'ici 2030
Photo d'illustration — « Vending vegetables at Foum Zguid market Morocco » par Bernhard Holub (Dromedar61), via Wikimedia Commons, sous licence CC BY-SA 4.0
0WaFinkomvendredi 23 octobre 2026Mis à jour : lundi 26 octobre 2026Économie

Le programme gouvernemental adopté par la Chambre des représentants dévoile un plan pour maîtriser les prix alimentaires au Maroc, avec une révision de la marge des intermédiaires et la modernisation des souks et marchés de gros, sans calendrier chiffré précis.

Taille du texte:

Le gouvernement marocain, dirigé par Fatima Zahra El Mansouri, entend faire en sorte que les prix des produits alimentaires soient « raisonnables et durables », sans chercher à revenir aux niveaux des années précédentes, selon le programme gouvernemental adopté par la Chambre des représentants par 204 voix contre 127 le jeudi 22 octobre.

La marge des intermédiaires atteint 34% du prix

Le programme s'appuie sur une analyse du Conseil de la concurrence réalisée en 2024, qui estime la marge des intermédiaires sur certains produits agricoles à environ 34% du prix final payé par le consommateur, contre seulement 30% revenant au producteur. Pour le gouvernement, un prix « raisonnable » doit refléter les coûts de production, de stockage et de transport, une marge commerciale justifiée, ainsi qu'un revenu équitable pour les producteurs.

Pour corriger ce déséquilibre, les autorités prévoient de créer des sociétés ou plateformes numériques régionales dans les zones du Souss, du Gharb, du Loukkos, de Berkane et du Haouz, afin de regrouper les récoltes et de les commercialiser à des prix et frais affichés, incluant tri, conditionnement, réfrigération et transport. Les contrats d'approvisionnement direct entre producteurs et acheteurs collectifs - écoles, hôpitaux, commerces - seront élargis, de même que la construction de marchés de gros modernes équipés de réfrigération, de stockage et de traçabilité, avec une révision du cadre légal des marchés de gros et une lutte contre les prélèvements informels.

Côté stocks, le gouvernement maintiendra un panier de produits essentiels régulièrement actualisé, avec une planification annuelle des besoins, de la production, des stocks et des importations, recourant si nécessaire au déstockage, à l'accélération de la production ou à des importations ciblées, avec une annonce anticipée des calendriers d'importation et de toute baisse de droits de douane.

Des mesures spécifiques pour les viandes et le poisson

Pour les viandes rouges, le gouvernement s'engage à renforcer le contrôle des marchés de bétail, à moderniser les abattoirs et à améliorer la transparence des prix, tout en vérifiant si les exonérations fiscales et douanières sur les importations de viande et de bétail se répercutent réellement sur les prix à la consommation. Pour le poisson et les produits de la mer, des infrastructures de réfrigération et de stockage seront construites dans les ports et points de débarquement, avec un encouragement de la vente directe et une meilleure distribution vers le marché intérieur.

Cette annonce s'inscrit dans un programme gouvernemental plus large qui prévoit aussi de porter la pension minimale à 3 000 dirhams, à relever progressivement, sur cinq ans, le seuil d'exonération de l'impôt sur le revenu de 40 000 à 60 000 dirhams par an tout en abaissant le taux marginal supérieur de 37% à 30%, et à instaurer une compensation sociale sur l'électricité allant jusqu'à 100 dirhams par mois pour les foyers éligibles.

Aucun calendrier chiffré fixé

Le programme gouvernemental ne fixe toutefois aucun plafond chiffré de baisse des prix alimentaires, ni de calendrier précis pour mesurer l'impact sur le budget des ménages, ce que l'opposition lui reproche en jugeant l'ensemble du programme dépourvu d'indicateurs et d'échéances claires. Pour assurer le suivi, le gouvernement prévoit de créer un système d'information national suivant les prix des producteurs, les coûts de transport et de stockage, et les marges tout au long de la chaîne, avec la publication d'indicateurs périodiques sur les prix des produits essentiels et une coordination des services de contrôle avec le Conseil de la concurrence pour détecter toute hausse injustifiée ou pratique anticoncurrentielle.

Sources

Partager
Suivez le taux de change des devises aujourd'hui

0commentaires

Les avis dans les commentaires appartiennent a leurs auteurs.

Chargement...

Laisser un commentaire

Articles similaires