Déficit courant au Maroc: il double à 42 milliards de DH
L'Office des Changes révèle que le déficit du compte courant marocain a plus que doublé en 2025, à 42 milliards de dirhams (2,4% du PIB), porté par un déficit commercial en hausse malgré des recettes touristiques et des transferts des MRE record.
L'Office des Changes a révélé que le déficit du compte courant du Maroc a plus que doublé en 2025, pour atteindre 42 milliards de dirhams, soit 2,4% du PIB, contre 19,6 milliards de dirhams (1,2%) en 2024. Cette évolution figure dans le rapport annuel de l'Office des Changes sur la balance des paiements et la position extérieure globale, basé sur des données provisoires à fin juin 2026, et reflète surtout l'aggravation du déficit commercial, les importations progressant plus vite que les exportations.
La balance commerciale s'aggrave, les importations devancent les exportations
Le déficit commercial des biens (fob-fob) s'est établi à 311,1 milliards de dirhams en 2025, en hausse de 15,2% par rapport à 270,1 milliards en 2024, tandis que les importations ont bondi de 8% à 822,3 milliards de dirhams, contre seulement +3% pour les exportations, à 470 milliards de dirhams. Le taux de couverture des importations par les exportations est ainsi retombé à 57,2%, contre 59,9% l'année précédente.
Par secteur, les exportations de phosphates et dérivés ont progressé de 14,5% à 99,7 milliards de dirhams, et celles de l'aéronautique de 9,8%, tandis que l'automobile est restée quasi stable (-0,2%), et que le textile-cuir a reculé de 4,6% et l'électronique de 14,5%. Côté importations, les biens d'équipement ont augmenté de 13,4% et les biens de consommation finale de 11,8%, alors que la facture énergétique a baissé de 5,5%.
| Indicateur | Valeur en 2025 | Évolution par rapport à 2024 |
|---|---|---|
| Déficit du compte courant | 42 milliards de DH (2,4% du PIB) | Plus du double (19,6 milliards / 1,2%) |
| Déficit commercial (fob-fob) | 311,1 milliards de DH | +15,2% |
| Importations | 822,3 milliards de DH | +8% |
| Exportations | 470 milliards de DH | +3% |
| Taux de couverture | 57,2% | Recul depuis 59,9% |
| Recettes touristiques | 138,6 milliards de DH | +21% (record) |
| Transferts des Marocains du monde | 122 milliards de DH | +2,6% (record) |
| IDE nets | 31,2 milliards de DH | +80% environ |
Tourisme et transferts des MRE atténuent le déficit
En contrepartie, la balance des services a enregistré un excédent de 157,7 milliards de dirhams, en hausse de 12,8%, porté par des recettes touristiques record de 138,6 milliards de dirhams (+21%), la France, l'Espagne et l'Italie restant les principaux marchés émetteurs. Les transferts des Marocains résidant à l'étranger ont eux aussi atteint un record, à 122 milliards de dirhams (+2,6%), tandis que l'excédent du revenu secondaire s'est établi à 136,5 milliards de dirhams et que le déficit du revenu primaire s'est légèrement creusé à 25,1 milliards de dirhams.
Hausse des investissements étrangers et consolidation des réserves
Le besoin de financement extérieur a atteint 24 milliards de dirhams en 2025, contre seulement 0,9 milliard en 2024, en partie couvert par la hausse de près de 80% des investissements directs étrangers nets, à 31,2 milliards de dirhams, provenant essentiellement de la France (10,1 milliards), des Émirats arabes unis (4,4 milliards) et des Pays-Bas (2,9 milliards), avec 63,7% des flux orientés vers l'immobilier et l'industrie. Les avoirs de réserve ont progressé de 67,4 milliards à 442,9 milliards de dirhams, tandis que la position extérieure globale nette du Maroc affichait un endettement net de 791,8 milliards de dirhams fin 2025, en hausse de 81,1 milliards (+11,4%) par rapport aux 710,7 milliards de 2024.
Le creusement du déficit courant signifie que le Maroc dépend davantage du tourisme, des transferts des MRE et des investissements étrangers pour combler l'écart croissant entre ses importations et ses exportations, même si le renforcement des réserves internationales et la progression des IDE témoignent, selon l'Office des Changes, du maintien de la capacité de financement de l'économie.

