Lekjaa: Maroc rejette l'export après 7 ans de sécheresse
Le ministre de l'Économie et des Finances, Fouzi Lekjaa, juge inacceptable de doubler les exportations alors que le Maroc traverse sa septième année de sécheresse, et dévoile un plan pour moderniser 12 marchés de gros.
Le ministre de l'Économie et des Finances, Fouzi Lekjaa, a reconnu vendredi une hausse sensible des prix sur les marchés marocains, jugeant "inacceptable de doubler le rythme des exportations alors que le pays traverse sa septième année de sécheresse". Ces déclarations sont intervenues lors de la présentation par le gouvernement de ses réponses à la Chambre des représentants, dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances 2027.
Priorité au marché national
Lekjaa a affirmé que le Maroc connaît "une flambée des prix sans précédent sur le marché intérieur", soulignant que l'objectif est de permettre aux citoyens d'accéder à leurs besoins quotidiens "en abondance et à des prix raisonnables", avec une "priorité absolue" donnée au marché national par rapport à l'export. Il a précisé que traiter ce dossier ne signifie ni revenir en arrière ni imposer des mesures restrictives aux exportateurs, mais encadrer et organiser les activités en partenariat avec les producteurs agricoles eux-mêmes.
Modernisation de 12 marchés de gros
Le ministre a dévoilé un programme prêt pour moderniser 12 marchés de gros principaux du Royaume, afin qu'ils deviennent des espaces transparents et compétitifs, avec la suppression des redevances et taxes qui alourdissent les coûts tout au long de la chaîne de distribution, du producteur au consommateur. Il a également critiqué les déséquilibres entre zones de production et zones de consommation, marqués par des interventions injustifiées et une facturation gonflée, appelant l'État à intervenir via des mécanismes clairs pour réduire les marges excessives et les intermédiaires superflus, alors que les prix des légumes au Maroc continuent d'augmenter ces dernières semaines.
Révision de l'indice du soutien social
Lekjaa a aussi appelé à réviser l'indice de soutien social actuellement en vigueur, pour éviter que des familles dans le besoin n'en soient exclues en raison de légères variations conjoncturelles de leurs dépenses. Ces déclarations interviennent après que le ministre a annoncé, quelques jours plus tôt, que 87% des salariés seront exonérés de l'impôt sur le revenu dans le cadre de la future loi de finances, le gouvernement tenant à mettre en avant le volet social du budget 2027.
Pourquoi ce dossier concerne les Marocains
La déclaration de Lekjaa intervient alors que la sécheresse persistante depuis sept ans pèse sur la production agricole nationale et pousse à la hausse les prix de plusieurs denrées alimentaires de base sur les marchés locaux, des légumes frais à d'autres produits essentiels. L'équilibre entre garantir les recettes de l'exportation d'une part, et protéger le pouvoir d'achat des ménages marocains d'autre part, reste l'un des principaux défis auxquels le gouvernement devra répondre dans les mois à venir.

